Simuler un rachat de crédit, c’est comparer ce que vous allez encore payer avec vos prêts actuels et ce que vous paierez avec le nouveau prêt, frais compris. Deux questions guident la simulation : la mensualité baisse-t-elle, et le coût total baisse-t-il aussi ? Un rachat immobilier bien placé fait gagner sur les deux tableaux. Un regroupement de crédits allège la mensualité mais coûte presque toujours plus cher au total. Voici la méthode et deux exemples chiffrés aux conditions de fin 2026.
À retenir
- Une simulation compare le coût restant des prêts actuels et le coût total du nouveau prêt, frais inclus.
- Données indispensables : capital restant dû, taux, durée restante, mensualités, conditions de remboursement anticipé.
- Frais à intégrer : IRA, frais de dossier, garantie, éventuel courtage, assurance.
- Un regroupement peut faire passer la mensualité de 1 450 € à 940 €, mais augmenter le coût total de plus de 40 000 €.
- Si la part immobilière atteint 60 %, le regroupement suit les règles du crédit immobilier.
Les données à réunir
Pour chaque crédit en cours, rassemblez :
- le capital restant dû à la date prévue du rachat (sur votre tableau d’amortissement ou sur demande à la banque) ;
- le taux nominal et la mensualité hors assurance ;
- le nombre de mensualités restantes ;
- les conditions de remboursement anticipé : montant des IRA ou exonération éventuelle ;
- le coût de l’assurance actuelle.
Côté nouveau prêt, il faut connaître le taux proposé, la durée, les frais de dossier, le coût de la garantie et le tarif de la nouvelle assurance.
La méthode de calcul en quatre étapes
- Calculez le coût restant de vos prêts actuels : mensualité × nombre de mensualités restantes, assurance comprise.
- Calculez le montant à refinancer : capital restant dû + IRA + frais de dossier + garantie + éventuels frais de courtage.
- Calculez la mensualité du nouveau prêt avec la formule M = C × t / [1 − (1 + t)−n], où t est le taux mensuel et n le nombre de mensualités, puis son coût total.
- Comparez la mensualité et le coût total. Le gain net est la différence entre les deux coûts totaux.
Exemple 1 : rachat d’un crédit immobilier signé fin 2023
Paul a emprunté 200 000 € sur 25 ans en novembre 2023 à 4,30 %. Il paie 1 089 € par mois hors assurance et doit encore 185 700 € sur 22 ans.
| Prêt actuel | Nouveau prêt à 3,45 % | Nouveau prêt à 3,75 % | |
|---|---|---|---|
| Capital financé | 185 700 € | 193 500 € (frais inclus) | 193 500 € (frais inclus) |
| Durée | 22 ans | 22 ans | 22 ans |
| Mensualité hors assurance | 1 089 € | 1 047 € | 1 077 € |
| Gain total sur la durée | – | environ 11 100 € | environ 3 100 € |
Les frais (environ 4 000 € d’IRA et 3 800 € de dossier et de garantie) sont intégrés au nouveau capital. Le gain dépend fortement du taux obtenu : 0,3 point d’écart sur le nouveau prêt divise le gain par plus de trois.
Exemple 2 : regroupement de trois crédits
Un couple rembourse trois prêts :
- un crédit immobilier : 120 000 € restant dus, 850 € par mois pendant encore 15 ans ;
- un prêt personnel : 9 000 € restant dus, 280 € par mois pendant 3 ans ;
- un crédit auto : 14 000 € restant dus, 320 € par mois pendant 4 ans.
Ses mensualités totalisent 1 450 €. S’il garde ses prêts, il remboursera encore environ 178 400 €. La part immobilière représente 84 % du total : le regroupement suivra donc les règles du crédit immobilier.
| Scénario | Mensualité | Total remboursé | Écart de coût |
|---|---|---|---|
| Prêts actuels | 1 450 € | 178 400 € | – |
| Regroupement sur 15 ans à 4,6 % | 1 134 € | 204 200 € | +25 800 € |
| Regroupement sur 20 ans à 4,6 % | 940 € | 225 600 € | +47 100 € |
Le montant regroupé de 147 300 € inclut 3 % de frais. Le regroupement fait baisser la mensualité de 316 € à 510 €, mais coûte de 25 800 € à 47 100 € de plus. Il se justifie si le couple est en difficulté pour payer ses échéances, pas pour gagner de l’argent.
Les pièges d’une simulation
- Comparer uniquement les mensualités : une mensualité plus basse ne signifie pas un crédit moins cher.
- Oublier les frais : IRA, garantie et dossier peuvent représenter plusieurs milliers d’euros.
- Négliger l’assurance : un nouveau contrat peut être plus cher si vous avez vieilli ou si votre santé a changé, ou nettement moins cher si vous faites jouer la délégation.
- Ignorer le taux d’usure : le TAEG du nouveau prêt doit rester sous le plafond, soit 5,40 % pour un prêt immobilier de 20 ans et plus jusqu’au 31 décembre 2026.
- Allonger la durée au-delà de la retraite : la baisse de revenus à la retraite peut rendre la mensualité difficile à supporter.
Que faire après la simulation ?
Si le calcul montre un gain net, commencez par présenter vos chiffres à votre banque actuelle : elle peut accepter de renégocier pour vous garder, ce qui évite la plupart des frais. Sinon, sollicitez plusieurs établissements ou un courtier, et comparez les offres sur le TAEG et le coût total. Pour les règles, les frais et les cas où le rachat reste intéressant, lisez notre guide du rachat de crédit immobilier.
Simuler une renégociation avec votre banque
La renégociation se simule de la même façon, avec des frais en général plus faibles. Votre banque n’exige pas de nouvelle garantie, puisqu’elle conserve celle du prêt initial. Elle peut en revanche facturer des frais d’avenant, et réclamer tout ou partie des indemnités de remboursement anticipé, qui restent négociables.
Reprenons l’exemple de Paul. Si sa banque accepte de ramener son taux de 4,30 % à 3,60 % sur la durée restante, contre 1 500 € de frais d’avenant et sans IRA, sa mensualité passe d’environ 1 089 € à 1 019 € pour les 22 ans restants. Le gain approche 17 000 €, frais déduits, soit bien plus qu’un rachat externe à 3,45 %. C’est pourquoi il faut toujours commencer par interroger sa propre banque.
Simuler l’effet d’un changement d’assurance
Avant même de toucher au taux, simulez le changement d’assurance emprunteur, possible à tout moment depuis la loi Lemoine. Comparez :
- le coût restant de votre contrat actuel : cotisation mensuelle × nombre de mois restants si elle est calculée sur le capital initial ;
- le coût d’un contrat délégué, souvent calculé sur le capital restant dû, donc dégressif.
Pour un emprunteur jeune et non-fumeur, l’écart atteint fréquemment plusieurs milliers d’euros, sans IRA ni frais de garantie. Combiné à une renégociation, il peut rendre inutile un rachat externe.
Le bon moment pour simuler
Le gain d’un rachat dépend de la part d’intérêts restant à payer, qui diminue chaque mois. Plus vous attendez, plus le gain potentiel baisse. À l’inverse, les taux de marché évoluent : fin 2026, ils sont orientés à la hausse. Si votre simulation montre un gain net, il est préférable d’agir rapidement et de demander une offre écrite, qui fige les conditions pendant au moins 30 jours.
Check-list avant de demander une offre
- Tableau d’amortissement et offre de prêt de chaque crédit en cours.
- Décompte de remboursement anticipé daté, avec le montant exact des IRA.
- Trois derniers bulletins de salaire et dernier avis d’imposition.
- Relevés de compte des trois derniers mois, sans incident.
- Conditions de votre assurance actuelle et, si possible, un devis d’assurance déléguée.
- Votre propre simulation : mensualité, coût total et gain net attendus, pour comparer facilement les propositions reçues.
Questions fréquentes
Un simulateur de rachat de crédit en ligne est-il fiable ?
Il donne un ordre de grandeur utile, mais il ignore souvent les IRA, les frais de garantie et l’assurance, et utilise des taux moyens. Seule une offre de prêt écrite vous donne les conditions réelles.
Comment connaître mon capital restant dû ?
Il figure sur le tableau d’amortissement joint à votre offre de prêt. Vous pouvez aussi demander à votre banque un décompte de remboursement anticipé, qui indique le capital restant dû et le montant exact des indemnités.
Faut-il inclure l’assurance dans la simulation ?
Oui. L’assurance représente une part importante du coût d’un crédit. Comparez le coût restant de votre contrat actuel avec celui du nouveau contrat sur toute la durée du nouveau prêt.
Peut-on simuler un rachat avec un supplément de trésorerie ?
Oui, beaucoup d’offres permettent d’ajouter une somme pour financer un projet, des travaux par exemple. Elle augmente le capital emprunté et donc le coût total : intégrez-la dans le calcul et vérifiez qu’elle correspond à un vrai besoin.
Informations vérifiées le 3 novembre 2026 (Code de la consommation, Banque de France (taux d’usure), baromètres de taux Cafpi et Meilleurtaux).
